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PHANSA (Sortie
du carême bouddhique et fête des Eaux.) Les deux
premiers jours du carême, les bonzes et bonzillons se confessent à leurs supérieurs
hiérarchiques. Pendant toute sa durée, les bonzes observent strictement les règles
prescrites par la religion; il leur est interdit notamment de passer la nuit
hors de leur pagode. A l'occasion
de la fête de fin du ca rême, les fidèles offrent entre autres choses, des vêtements
aux bonzes pour que ces derniers puissent se changer. A cela s'ajoutent
l'illumination des pagodes et des maisons, des processions, le lancement sur le
fleuve de radeaux illuminés, les courses de pirogues. Ces réjouissances
portent également le nom de " fête des eaux". Elles sont organisées en
l'honneur des naga et des génies tutélaires pour qu'ils accordent aux
habitants santé, bonheur et prospérité. Cette illumination constitue un
sacrifice en souvenir de la mère des cinq Bouddhas à l'époque où celle-ci
s'incarnait en corbeau blanc. L'anecdote suivante en révèle l'origine: Un corbeau femelle pondit cinq oeufs dans un nid qu'il avait
construit sur un arbre au bord d'un fleuve. Un jour, le nid tomba dans l'eau par
suite d'un coup de vent et fut entraîné par le courant. Il échoua sur un banc
de sable. Une poule, une Nagi, une tortue, une vache et un serpent femelle
prirent chacun un oeuf pour le couver. Il en sortit cinq garçons. Devenus
grands et connaissant leur origine, ils en furent honteux et se firent anachorètes,
vivant séparés les uns des autres. Il arriva un jour où, allant à la
recherche des fruits dans la forêt, ils se rencontrèrent. Ils se révélèrent
alors leur origine et c'est ainsi qu'ils surent qu'ils étaient nés de la même
mère: le corbeau blanc. Ils souhaitèrent voir celle qui leur avait donné le
jour. La mère corbeau devenue " phrom " , ayant pressenti le voeu de ses enfants,
descendit du ciel et se présenta à eux sous sa forme première. Elle leur
recommanda, pour témoigner leur reconnaissance envers elle, de lui faire chaque
année un sacrifice, à la pleine lune du onzième mois et d'allumer pendant la
nuit des " pathip " lampions composés de godets remplis de graisse où
sont trempées des mèches en forme de pattes de corbeau. La tradition
veut que les maisons des particuliers soient à l'occasion de la fête de la fin
du carême bouddhique illuminées avec des " pathip"; mais néanmoins,
on utilise de nos jours des cierges, des bougies, des lampes à pétrole, des
lanternes et même des ampoules électriques. |
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