BOUN PIMAY
Le
BACI (D'après
S.E. Nhouy Abhay.)
Le baci est une cérémonie par
laquelle le bon peuple lao, au milieu des sourires et des fleurs, manifeste sa
joie de vivre et la générosité de son coeur. Il est organisé à toute époque
de l'année. Par cette cérémonie, on formule les veux de toutes sortes à
l'enfant qui vient de naître, à la femme qui relève de couches, au malade qui
vient de guérir, à l'homme qui va entreprendre un long voyage ou qui rentre
dans son foyer. Il y a des baci de nouvel an et de mariage, des baci offerts aux
hauts personnages de passage, aux amis qu'on retrouve ou aux fonctionnaires qui
viennent d'obtenir une distinction honorifique: souhaits de bienvenue ou de bon
voyage, de bonheur et de prospérité. Baci
est un terme pompeux. Communément, il est appelé Soukhouane qui signifie appel et réception de l'âme; celle-ci est
vagabonde et ne demande qu'à quitter le corps... Il faut, le plus souvent
possible, la maintenir et la rappeler à la maison car elle peut, dans ses pérégrinations,
s'attarder en de mauvais lieux ou se laisser entraîner par de mauvais
compagnons.
Le phakhouan, placé au milieu de
I assistance, est un plateau contenant le repas de l'âme. Il est surmonté de
coupes et de vases en argent sur lesquels sont piqués des cornets de feuilles
de bananiers remplis de fleurs. Il contient en outre de l'alcool, des oeufs, du
poulet, du riz, des gâteaux, des cierges, des baguettes d'encens, des fils de
coton, etc. Lorsque les cierges sont allumés, l'officiant s'adresse aux divinités
tutélaires, les invitant à assister au repas et à présider la cérémonie.
La tradition admet que les trente-deux parties de notre corps possèdent
chacune un "khouan", une âme.
L'officiant appelle les khouan: l'âme noyée dans les rivières ou dans les
brouillards, l'âme tombée dans un trou ou égarée dans les forêts, sur les
montagnes, dans les mares avec les rainettes et les grenouilles...
Quand les khouan
sont rentrés, il faut les retenir. Pour cela, on les attache avec les liens de
coton que l'on noue aux poignets de la personne dont les âmes ont réintégré
le corps. Ces fils porte-bonheur doivent être gardés le plus longtemps
possible. D'aucuns prétendent qu'il faut les garder jusqu'à ce qu'ils tombent
d'eux-mêmes.
BOUN PIMAY